Ced a écrit :Pas mal 50 ans d’espérance de vie...
Quand cette chaussée essonnienne à été conçue, son espérance de vie n'était que d'une trentaine d'années ! En fait, cette section n'a pratiquement jamais été entretenue et il y a largement 10 ans que des travaux de réfection étaient nécessaires...
Au passage, on peut préciser qu'il n'y a que 2 voies dans chaque sens qui datent de l'ouverture de l'autoroute. La 3ème voie ne date "que" du début des années 80 (je me souviens du chantier mais je ne sais plus si c'était un élargissement ou une réfection de la voie de droite).
En fait, quand on regarde bien l'état de la chaussée (le gros intérêt des bouchons, c'est que ça laisse du temps pour examiner les détails...

), les dalles sont en général restées en assez bon état. Seuls les granulats de surface sont complètement polis et, au niveau de l'adhérence par temps de pluie, ça doit être une horreur...

. Par contre, on voit bien les "petites" différences de niveau d'une dalle à l'autre, ce qui donne le fameux bruit de roulement caractéristique dès qu'il n'y a plus de bouchon...
Pour les techniciens, c'est un phénomène de "battement de dalle" qui est dû à une érosion anormale de la couche de base par les eaux d'infiltration (notamment à travers les joints entre dalles qui n'ont jamais été entretenus...). Dans les années 60, cette couche de base était systématiquement réalisée en grave-ciment, un matériau assez économique dosé à 3,5% de ciment seulement, qui a des performances mécaniques assez faibles et qui résiste peu à l'érosion. A partir des années 80, les premières grosses réfections ont permis au LCPC d'identifier la cause du problème et ont conduit à renforcer la couche de base. Pour les nouveaux chantiers, la grave-ciment a été systématiquement remplacée par du béton maigre (9 à 10% de ciment). Depuis, il n'y a pas eu, à ma connaissance, de chaussée béton ayant péri par suite d'une phénomène généralisé de battement de dalle.
En reste-t-il ailleurs en France de ces chaussées californiennes? Je me souviens dans les années 80 de la N165 entre Brest et Quimper, de la N6 au sud d'Auxerre...
Bien sûr, il y en a encore plein. Des centaines de kilomètres ! Sauf que les exploitants les ont entretenues (une couche de roulement neuve est normalement nécessaire au bout de 10 ou 15 ans à cause de l'usure superficielle des granulats) et, en général, le béton n'est plus visible.
De mémoire, je peux citer l'A4 au niveau de Marne-la-Vallée (4 voies ont été construites en béton mais seulement 3 sont en service !

), pratiquement les trois quarts de l'A6 (de Paris à Semur et presque tout le Val de Saône de Beaune au sud de Mâcon), de gros morceaux de l'A9, l'A10 (au moins au Nord d'Orléans mais il y en a peut-être plus bas), des tronçons de l'A11, une grande partie de l'A26, l'A35, des routes bretonnes, etc.
A partir du milieu des années 80, est apparu le BAC (Béton Armé Continu), notamment sur l'A71 jusqu'au sud de Bourges, et il y a eu moins de technique californienne pure. Un des derniers chantiers que j'aie en tête est la déviation de Moulins sur la RN7 qui, à ce jour, se tient parfaitement bien.